(AFP) – le 23 Août 2010
PARIS — Pi Hongyan, la N.1 française et tête de série N.5 des Mondiaux-2010 de badminton, les premiers jamais organisés à Paris, rêve d'une médaille devant le public de son pays d'adoption, ce qui constituerait une consécration pour la jeune femme née il y a 31 ans en Chine.
Elle entrera en lice mercredi. Et, forte de sa 3e place aux Championnats d'Europe en avril à Manchester, elle est convaincue d'avoir une bonne carte à jouer en dépit de plusieurs blessures ayant perturbé sa saison. Dans son tableau, les favorites sont Wang Yihan, la Chinoise N.1 mondiale, et Saina Nehwal, 20 ans, sa dauphine indienne.
Mais la Française (1,64 m, 54 kg) est persuadée d'avoir de bons atouts: elle a déjà été numéro deux mondiale au moment où elle a pris la nationalité française en 2004 et elle peut, cette fois, compter sur le soutien des supporteurs du Stade Pierre-de-Coubertin, qui affichera complet.
Sa modestie ajoute encore à la popularité de Pi. Elle parle bien le français et l'anglais, ce qui lui permet de discuter en toute simplicité avec tout le monde.
Quand on demande comment elle a pu rester si abordable en ayant remporté des grands tournois, l'entraîneur Fabrice Vallet esquisse des éléments de réponse: "Parfois, elle ne se conduit pas comme une sportive de haut niveau. Elle n'est pas assez égoïste, elle prend trop soin des autres". En un mot, elle est trop "gentille".
"Elle est très impliquée dans son sport mais elle reste simple et accessible, avec tous, partenaires d'entraînement, représentants des médias", poursuit Vallet, qui en était même arrivé à se demander si sa protégée ne manquait pas du mental nécessaire aux grandes compétitions. En particulier après sa défaite en finale des Championnats d'Europe contre la Néerlandaise Mia Audina, à Genève en 2004, et quand elle était passée à côté des Jeux olympiques d'Athènes, la même année.
"Elle pensait qu'elle n'était pas assez forte mentalement pour remporter quoi que ce soit dans des grands rendez-vous", explique-t-il. Mais Pi a relevé la tête aux Jeux de Pékin, en livrant un grand match contre Zhang Ning, la seule à avoir défendu son titre avec succès, ne s'inclinant que 21-19 dans le dernier jeu.
"Elle a senti que quelque chose était né en elle. Et elle est maintenant capable de jouer vraiment bien dans les grands événements", assure-t-il. "Elle croit vraiment qu'elle est capable d'être prête le jour J".
Malgré tout, Pi devra donner le meilleur d'elle-même puisqu'elle a été opérée des deux genoux et d'un pied en avril et n'a disputé que trois tournois depuis. Mais la joueuse assure avoir suivi des entraînements de qualité, notamment une semaine récemment à Copenhague avec Tine Rasmussen-Baun, championne d'Europe à Manchester.
"Chaque fois que je dispute l'Open de France, je ressens une émotion particulière et je réussis assez bien", avance Pi, oubliant au passage de mentionner qu'elle l'a remporté trois fois. Et de conclure: "J'espère bien réussir cette fois aussi".








