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Pi Hongyan, ancienne joueuse de l’équipe nationale chinoise, est désormais une figure de proue de l’Equipe de France. Du talent, de l’abnégation, une force de travail qui provoque l’admiration. Son professionnalisme et sa gentillesse naturelle ont apporté un grand plus au badminton tricolore. Pas seulement au niveau des résultats. Rencontre avec une demoiselle peu ordinaire.

Par : Raphaël Sachetat, rédacteur en chef de Badzine

Elle fait tout à l’envers. Déjà, elle s’annonce avec son nom de famille en premier : Pi. « 3,14 » comme aimaient l’appeler certains, affectueusement, au lendemain de son arrivée en France, en 2003. Son prénom : Hongyan. Mais cet effet d’annonce n’a pour raison que son pays de naissance, car en Chine, d’où elle vient, le nom est donné en premier. Mais son parcours l’a amenée à parcourir les frontières, qui se sont ouvertes et lui ont donné la nationalité française, un matin de l’été 2004, à 25 ans.
Mais auparavant, la demoiselle avait déjà roulé sa bosse avec une expérience dont peu de ses anciennes compatriotes peuvent se targuer. C’est sans doute pour cela que les meilleures joueuses au monde, encore aujourd’hui, ont un regard particulier sur celle qui, boutée hors de l’équipe nationale à 20 ans, a su tenter sa chance ailleurs. Hongyan a pourtant connu des débuts similaires à celles qui sont aujourd’hui les meilleures mondiales.

« J’ai commencé le bad pour forcir »

Née en janvier 1979, Hongyan est fille unique, comme la quasi totalité de ses compatriotes, à cause de la politique de l’enfant unique – la naissance d’un second est pénalisée par une amende correspondant à plusieurs années de salaire. Son père, ancien mineur dans les puits de charbon, travaille aujourd’hui dans les bureaux de la même entreprise. Sa mère, retraitée aujourd’hui, travaillait elle aussi dans ce milieu, qui fait vivre 80 % de la petite ville de Chong Qing, située dans la province du Sichuan. Enfant frêle, Hongyan est poussée par sa mère à faire du sport. « J’étais toute menue, je ne mangeais pas beaucoup et dans notre village, l’école avait une spécialité dans le badminton. Alors je m’y suis mise, dans l’espoir de prendre un peu de muscles …». Bien vite, elle se plait à taper dans le volant, et participe aux sélections régionales.


« En Chine, les centres d’entraînement de badminton prennent les enfants très tôt sous leur tutelle. Un entraîneur m’a repérée, et, dès l’âge de 10 ans, j’étais pensionnaire dans une école de badminton. Bien sûr, c’était un peu dur de quitter la maison si tôt, mais quelque part, c’était un bon moyen de trouver un bon emploi, et de faire quelque chose d’intéressant, ce qui n’était pas évident dans ma ville natale ».


Elle intègre donc à 10 ans un simili de « sport-études », dont les meilleurs éléments seulement sont sélectionnés pour aller en équipe provinciale, voire en équipe nationale, quelques années plus tard. « En fait nous devions étudier vraiment jusqu’à 14 ou 15 ans. Après, le badminton prenait vite le dessus, et en équipe Nationale, nous n’avons plus le temps de faire quoi que ce soit d’autre que du badminton qui occupait la majeure partie de notre quotidien ».

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