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L’équipe nationale chinoise, puis le Danemark…

La petite adolescente se hisse dans les meilleures de sa province, et rejoint rapidement le centre national, à Beijing. Le « tout badminton » commence. Un surentraînement et des conditions de vie qui laissent à la fois des bons et des mauvais souvenirs.


« Nous étions tous très solidaires, et travaillions énormément, plusieurs fois par jour. Certaines s’entraînaient en plus, physiquement, comme Gong Zhichao (NDLR, championne Olympique 2000). Nous avions vraiment des conditions d’entraînement extraordinaires, avec des courts sur tapis, et des coachs nombreux et compétents. Pour les primes de match, les joueurs de l’équipe devaient donner une grande partie de l’argent gagné à notre fédération, ce que je comprends, car ils avaient investi énormément en nous. Jamais je n’ai payé une raquette, un vêtement, ma nourriture ou mon logement… ».

Le côté plus gris, c’est l’intensité des entraînements, et la difficulté à se faire une place parmi les meilleures. « J’étais dans la deuxième équipe, et il y avait peu d’opportunité pour nous de voyager. Et puis, j’étais de petite taille, et la politique de l’époque privilégiait les grandes. Un jour, à mon retour d’une victoire à l’US Open en 1999, on m’a dit que je devais quitter le centre pour retourner dans ma province, arrivant à un âge où j’aurais déjà dû faire mes preuves… ». Hongyan ne désespère pas. Aidée par le DTN chinois, elle saisit sa chance et s’envole pour le Danemark, où elle rejoint l’Académie de Michael Kjeldsen, ainsi que le Club de Greve, en 2001. « Je ne parlais pas un mot d’Anglais, alors j’ai pris des cours intensifs pendant un mois avant de partir. Et ce départ pour l’Europe a été pour moi une heureuse décision, l’occasion de découvrir autre chose, de me débrouiller, apprendre à faire à manger, laver mon linge... c’était rigolo ».
    

Direction Paris…

« Sparring partner » de choix de la Danoise Camilla Martin, Championne du monde 1999, Hongyan fait le bonheur de son club, Greve, avec qui elle est toujours sous contrat, au moins jusqu’à la fin de la saison 2005-2006. Mais entre temps, l’idée de jouer pour un autre pays européen la titille.

« Mon objectif était avant tout de pouvoir exercer mon sport, à haut niveau, dans de bonnes conditions. Beaucoup m’ont dit que je devrais rester au Danemark, mais les opportunités de jouer en équipe nationale là bas étaient faibles. Et puis, j’avais eu des contacts réguliers avec les entraîneurs français, qui m’ont proposé de venir jouer en France. C’est un pays qui m’a toujours fait rêver. Paris… ».

Les contacts se font plus précis, Hongyan choisit de représenter la France, et la dérogation de la Fédération Internationale (IBF) concernant les étrangers finit de rendre la chose possible, à la fin de l‘été 2003. « En arrivant ici, j’espérais pouvoir apporter des choses au badminton français. Peut-être aider les joueuses à progresser, à voir d’autres techniques d’entraînement. Personnellement, je souhaitais juste apporter des résultats qui donnent plus de visibilité au sport, et avoir la possibilité de participer à des tournois internationaux et représenter la France dans les compétitions par équipe».

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